Édito 2022

Pour sa quatrième édition, Superspectives se met au vert ! Après le thème du silence en 2021, le festival explore cette année les liens entre musique et environnement avec une programmation plus buissonnière et défricheuse que jamais ! Alors pendant ces quatre semaines, du 17 juin au 10 juillet, prenez vos quartiers d’été à la Maison de Lorette : installez-vous confortablement au jardin, les pieds dans l’herbe, respirez l’air frais des grands arbres, laissez fleurir votre imagination et aventurez-vous d’une terrasse à l’autre dans des paysages sonores inexplorés. Un peu de cartographie pour s’y retrouver : 

Terrasse Sud

C’est la grande scène du festival où se tiennent, du mercredi aux dimanche soir, les concerts de la programmation payante. On s’y installe dans les meilleures conditions de plein air, sous les grands platanes et à l’abri des regards dans une enceinte de vieilles pierres qui en fait assurément l’une des terrasses les plus charmantes du patrimoine renaissant lyonnais. 250 places assises, 300 debout. 

Terrasse Nord

C’est la terrasse panoramique où vous trouverez, avec la plus belle vue de Lyon, le bar éphémère de Superspectives ouvert tous les jours sauf lundi et mardi de 16h à minuit. On y sert de bons produits dans une démarche bio, locale et engagée dans l’économie sociale et solidaire. Avec la Chapelle, creusée en contrebas dans une antique citerne romaine dotée d’une très belle réverbération naturelle, c’est aussi et surtout là que se tient la programmation gratuite de Superspectives. Installations, performances live, sessions d’écoute : une vingtaine d’événements à découvrir à partir du 12 mai. 

Musique et environnement

Des extases drone de Charlemagne Palestine et Guilhem Lacroux aux longues explorations intimes de Gavin Bryars en passant par les contemplations célestes de Clara Lévy, entre Hildegarde de Bingen et Pauline Oliveros, cette édition fait la part belle aux musiques immersives et de croissance lente, de celles qui prouvent l’existence de l’âme (au moins végétative, disons) en perçant le secret de son rythme. Prêter l’oreille aux bruissements les plus légers de la vie, interroger musicalement ce souffle fondamental ou bourdon vital, c’est déjà partir à la recherche d’une musique naturelle, chercher en nous et hors de nous de précieuses et mystérieuses harmonies pré-établies.

L’enquête se poursuit donc de la vie à son milieu. Vous entendrez Chassol jouer avec le chant des oiseaux, dans la belle lignée des compositeurs ornithologues, vous suivrez Margaux Dauby partie composer avec les baleines dans une expédition marine où l’on entend aussi des sirènes accompagnée de Cécile Lartigau, vous vibrerez au chant des astres avec l’orgue que Vahan Soghomonian nous ramène tout juste du cosmos. Et pourquoi pas tester aussi la musicalité de nos environnements techniques et urbains, avec Xenakis, Fritz Lang et Richie Hawtin ?

La musique, art du temps, se transforme alors en poétique de l’espace et nous invite à parcourir de nouveaux territoires : des jardins magnétiques d’Alvin Curran aux paysages sonores hallucinogènes de Jozef Dumoulin en passant par les sublimes fresques nocturnes d’Othman Louati et les sommets de la poésie persane avec l’Ensemble Chakâm, le voyage sera beau. Car la musique est sans doute encore l’environnement dans lequel on respire le mieux. C’est l’idée poétique et émancipatrice de la musique ambient, qui justifie à elle seule un festival dans le festival : tout un weekend sera donc consacré à arpenter les frontières incertaines de ce genre musical en compagnie de la scène underground locale réunie sous la bannière de Groovedge.

Interroger la musique comme un espace habité et habitable c’est le pari d’Alice Oprheus, compositeur électro-acoustique et soul man, avec une musique d’atmosphère dédiée à la maîtresse des lieux : la désormais bienheureuse Pauline Jaricot. C’est aussi le parti-pris  d’Alexis Paul, François Mardirossian et Lionel Palun, qui cartographient l’espace intérieur au prisme de Glassworks, chef-d’oeuvre de Philip Glass revu pour piano, orgue de barbarie et vidéo.

Et on en revient au souffle avec l’Aria des Variations Goldberg. Le chef d’oeuvre de Bach, pulsation intérieure de bien des mélomanes, prolonge son écho dans L’Aria post-jazz de Silent Room et sous les doigts magnifiquement inspirés de Jean Rondeau et Tancrède Kummer. Pour ouvrir le cortège qui verra défiler autant de mondes musicaux dans notre petit jardin, il nous fallait le lyrisme et la magie orphique du pianiste virtuose ukrainien Lubomyr Melnyk. Rendez-vous le 17 juin, terrasse Sud !

Artistes

Programmation complète